En France, plus de 71 800 enfants confiés à l'aide sociale à l'enfance vivent aujourd'hui au sein de familles d'accueil soit 35% des enfants confiés. Derrière ce chiffre, le métier d'assistant familial. Une profession unique qui consiste à accueillir des enfants chez soi, de manière permanente.
Contrairement à d'autres professions, on ne devient pas assistant familial par hasard ou après un parcours scolaire classique.
La plupart découvrent ce métier par leur entourage : une mère, une voisine, une amie qui exerce déjà. L'âge moyen d'entrée dans la profession est de 40 ans, et il s'agit d'un engagement généralement envisagé sur le long terme, souvent jusqu'à la retraite.
La profession est très féminisée : environ 9 assistants familiaux sur 10 sont des femmes, avec un âge moyen de 54 ans et un net vieillissement des effectifs. Les moins de 45 ans ne représentent que 16 % des effectifs.
Le métier d'assistant familial ne ressemble à aucun autre. Ces professionnels travaillent 24 heures sur 24 depuis leur domicile. C’est un projet de famille : vie privée et vie professionnelle se mélangent constamment. Le conjoint participe souvent aux tâches éducatives, et les enfants de l'assistant familial partagent leur quotidien avec les enfants accueillis.
Les spécificités du métier :
Depuis la loi de 2005, le métier s'est considérablement professionnalisé :
Les assistants familiaux apprécient particulièrement ces formations qui leur permettent de mieux comprendre le système de protection de l'enfance et d'échanger avec leurs pairs.
Le principal défi de ces professionnels ? Trouver le bon équilibre entre attachement affectif et distance professionnelle. Comment ne pas s'attacher à un enfant que l'on élève pendant des années ? Comment accepter qu'il reparte du jour au lendemain ?
Les assistants familiaux doivent trouver comment accueillir l'enfant "comme le leur" tout en gardant à l'esprit qu'il n'est que "de passage". Beaucoup évoquent une véritable "vocation" plutôt qu'un simple emploi.
Malgré son importance, la profession peine à recruter. Le nombre d'agréments a diminué de 8 % entre 2012 et 2023. Les raisons : des conditions de travail exigeantes, une précarité importante, et une reconnaissance encore insuffisante malgré les progrès récents.